Résumé
Un soir, Camille Moreau, poussée par un rêve envoyé par sa grand-mère, s'engagea sur le chemin menant à la demeure de son grand-père, Jean Moreau, nichée au cœur des montagnes. En chemin, elle s'arrêta devant un étrange cortège qui surgit soudainement dans une forêt sombre. Ce défilé, connu localement sous le nom de « l'Envoi des marais », faisait partie d'un rituel inquiétant qui se dirigeait vers un marais humide. À l'avant du cortège se tenait un homme coiffé d'une herbe mystérieuse, appelée « Jinmensou », dont la surface affichait une gravure évoquant un visage humain. Son regard glacial semblait capable de sonder l'âme des vivants.
Avec appréhension, Camille suivit le cortège, mais celle-ci se dissipa rapidement dans une épaisse brume. Partagée entre le soulagement et l'inquiétude, elle se hâta d'arriver chez son grand-père. Une fois à l'intérieur, enveloppée par la chaleureuse atmosphère du foyer, elle raconta avec émotion ce qu'elle venait de voir. Dès qu'elle eut terminé, l'expression de Jean Moreau s'assombrit, trahissant son profond trouble.
Calmement, le grand-père commença alors à raconter. Il révéla qu'autrefois, lui-même avait été témoin du même cortège de l'Envoi des marais et, dans une vision onirique, il avait aperçu le doux visage de sa chère épouse – la grand-mère de Camille – se mêler aux apparitions du Jinmensou. Dans sa jeunesse, en secret et dans le cadre d'un rituel que nul n'osait évoquer, il avait planté ces herbes dans les champs pour apaiser d'anciennes rancœurs. Mais cet acte, avec le temps, s'était mué en une malédiction, attirant de sinistres phénomènes en quête d'un tribut.
À mesure que la nuit s'épaississait et que le vent déchirait le village, le cortège de l'Envoi des marais réapparut devant la maison du grand-père. Entre les rangées de la procession, une fleur fanée fut déposée délicatement sur le sol et, de la brume, surgit l'apparition de la grand-mère, qui murmura d'une voix basse : « Surmonte cette erreur et accueille une nouvelle lumière. » Des larmes montèrent aux yeux de Jean Moreau, comme si, en un instant, le fardeau des souffrances et des secrets accumulés au fil des ans se dispersait.
Qui aurait pu imaginer que le Jinmensou et le cortège de l'Envoi des marais étaient en réalité les messagers annonçant la rédemption des péchés passés et la réconciliation avec l'avenir ? Témoin de cette transformation fatidique, Camille prit alors la ferme résolution de rompre avec la malédiction qui pesait sur sa famille, posant ainsi le premier pas vers sa libération.

















































